Après un gel inédit décidé à l’automne 2025, près de 14 millions de retraités du privé regardent de très près leur pension complémentaire. Les pensions Agirc-Arrco n’ont pas bougé au 1er novembre 2025, ni la valeur du point au 1er janvier 2026, alors que les prix, eux, continuent de grimper dans les magasins. Dans ce contexte tendu, la question d’une nouvelle revalorisation en 2026 n’a pas disparu.
Revalorisation Agirc-Arrco 2026 : où en sont les retraites complémentaires ?
Le 17 octobre 2025, le conseil d’administration de l’Agirc-Arrco a confirmé qu’aucune hausse ne serait appliquée au 1er novembre 2025 et que la valeur d’achat du point resterait inchangée au 1er janvier 2026. Selon la règle fixée par l’accord de 2023, la revalorisation théorique pour 2025 correspondait à l’inflation hors tabac prévue, soit 1 %, moins 0,4 point, soit 0,6 %. Les syndicats réclamaient jusqu’à +1 %, le patronat proposait +0,2 %, l’absence de compromis a déclenché le gel 2025-2026.
Concrètement, la valeur de service du point reste fixée en 2026 à 1,4386 € et la valeur d’achat à 20,1877 €. Les pensions complémentaires de l’ensemble des salariés du privé, environ 13 à 14 millions de personnes, demeurent donc figées. Des simulations publiées dans la presse spécialisée évoquent des pertes de pouvoir d’achat pouvant atteindre environ 340 € par an selon le niveau de pension.
Un retraité a confié : “Ce gel, c’était vécu comme une sanction. Là, au moins, on respire un peu mieux, même si on sait que ce n’est pas la panacée face à tout ce qui augmente…”
Pourquoi une revalorisation Agirc-Arrco 2026 revient dans le débat ?
Dans le même temps, les comptes de l’Agirc-Arrco affichent des excédents confortables : environ 4,3 milliards d’euros en 2023, puis encore 1,6 milliard d’euros en 2024, pour des réserves évaluées autour de 85 à 86 milliards d’euros. Ces montants nourrissent les demandes de geste en faveur des retraités, surtout alors que le projet de loi de financement de la Sécurité sociale 2026 évoque un gel ou une très faible hausse des retraites de base.
Les partenaires sociaux pourraient rouvrir une négociation ou adapter leur accord, sous pression sociale ou politique. La règle 2024-2026 laisse pourtant une certaine marge : la revalorisation annuelle se calcule sur l’inflation hors tabac, moins 0,4 point, avec la possibilité d’ajuster de plus ou moins 0,4 point. Si l’inflation 2026 tournait autour de 1 %, la hausse théorique se situerait à 0,6 %, modulable jusqu’à 0,2 % ou 1 %.

Combien vous gagneriez si une hausse était décidée ?
Pour mesurer l’enjeu, on peut regarder ce que donneraient quelques scénarios purement illustratifs, basés sur les règles actuelles et sans préjuger d’un accord. Même une petite hausse se traduit par des euros bien concrets sur le compte en banque.
- Scénario +0,2 % : pour une pension brute de 1 000 €, le gain serait d’environ 2 € par mois, soit 24 € par an ; pour 1 500 €, environ 3 € par mois, soit 36 € à l’année.
- Scénario +0,6 % : une pension de 1 000 € passerait à 1 006 €, soit 6 € de plus par mois (72 € par an), et 1 500 € grimperait à 1 509 €, soit 9 € mensuels (108 € par an).
- Scénario +1 % : 1 000 € deviendraient 1 010 € (120 € de plus sur un an), 1 500 € monteraient à 1 515 €, soit 15 € par mois et 180 € sur l’année.
Ces montants ne compenseraient pas entièrement les pertes déjà subies avec le gel, mais ils limiteraient l’érosion du pouvoir d’achat. En pratique, mieux vaut continuer à bâtir son budget 2026 sans intégrer de hausse tant qu’aucune décision officielle n’a été annoncée.
Les retraités doivent rester vigilants et surveiller de près les informations fiables qui seront mises en ligne sur le site de l’Agirc-Arrco et sur Service-Public.fr. Le conseil d’administration se réunit traditionnellement à l’automne, sauf session exceptionnelle.
En résumé, la revalorisation des retraites Agirc-Arrco en 2026 est un enjeu crucial pour les millions de pensionnés du privé. Les comptes de l’Agirc-Arrco affichent des excédents confortables, ce qui nourrit les demandes de geste en faveur des retraités. Les partenaires sociaux pourraient rouvrir une négociation ou adapter leur accord, sous pression sociale ou politique. Les retraités doivent rester vigilants et surveiller de près les informations fiables pour savoir si une hausse sera décidée et combien ils pourraient gagner.


